Un nouveau camping sur une terre agricole ? En Ardèche, restera-t-il des terres pour nous nourrir ?
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Ces dix dernières années 12% des terres agricoles utilisées ont disparu dans notre département. La moyenne nationale, déjà très inquiétante est de 3%. En cause, le développement des zones d’activités, un urbanisme qui s’étale, les routes et les carrefours giratoires, mais aussi le tourisme de masse et la multiplication des résidences secondaires, qui bétonnent pour toujours les terres agricoles.

Pour faire face à cette situation très inquiétante, l’Etat a eu le courage de créer une commission de la consommation des espaces agricoles (CDCEA). C’est elle qui statue sur les révisions des plans d’urbanisme et le déclassement de terres agricoles. Son objectif sur 10 ans, réduire la consommation de terres agricoles de 50%.

Aujourd’hui, ses préconisations risquent d’être ignorées pour autoriser la construction d’un camping de 20 hectares sur l’emprise d’une ancienne ferme, à Vagnas. L’avis donné par la commission du 11 juin est pourtant défavorable à l’unanimité à l’installation sur cette zone de ce projet.

Ces 20 hectares des terres agricoles, pastorales, à Vagnas, constituent une précieuse réserve pour les générations futures. Elles sont aussi symboliques. Chaque terre cultivable qui change de destination, hypothèque un peu plus notre avenir.

Le projet, un  camping « écologique » peut être intéressant si sa dimension écologique se confirme (faible impact, utilisation de matériaux locaux, prise en compte des problèmes d’eau et de gestion des déchets, approvisionnement via des circuits courts…). Ce peut être un projet souhaitable s’il parvient à montrer qu’on peut offrir en sud Ardèche un tourisme sur un mode moins prédateur de l’environnement. Mais cela n’est possible que s’il s’installe sur des terres non agricoles, dédiées au développement de camping.

Un projet écologique ne peut décemment pas aujourd’hui s’installer sur des terres agricoles. Il en va de notre vision de l’avenir de l’Ardèche. Un avenir, où des agriculteurs locaux seront encore demain en capacité de nourrir, grâce à des productions locales, les habitants et touristes.

Le lobbying local (certains élus et promoteurs du tourisme de masse) souhaite l’aboutissement de ce projet sur cette zone et font pression sur la commission pour un nouvel avis qui leur soit favorable.

Europe Ecologie les Verts Ardèche leur suggère de prendre leur responsabilité et de chercher pour ce projet, une autre localisation, sur des espaces non agricoles, et surtout de respecter la décision de cette commission.

« Nous devons préparer le futur, conserver des paysans en Ardèche, cultivateurs, éleveurs,  maraîchers et leur outil de travail : « la terre » et développer un tourisme de grande qualité pour maintenir la richesse de notre territoire. » rappelle Christian Moyersoen, porte-parole d’EELV 07.

La CDCEA rendra un nouvel avis le 10 septembre.

Pour Europe Écologie Les Verts Ardèche,

Christian Moyersoen, porte-parole Europe Ecologie Les Verts Ardèche