L’éclairage public envahit peu à peu les territoires ruraux. Parking, rondspoints, zones d’activités, lotissements sont autant d’espaces où s’implantent de nouvelles lumières qui transforment les nuits ardéchoises. Elles nuisent aux espèces nocturnes : chauves-souris, insectes, oiseaux de nuit. Les communes paient le coût d’installation et de fonctionnement élevé de lampadaires non indispensables. Pourtant, au pays d’EDF, mettre un terme à ce gaspillage n’est pas si facile.
Le rondpoint de Lablachère, en sud Ardèche, est un bon exemple de ces Oasis lumineuses, isolées sur une route sans éclairage public. Aucun piéton ici pour profiter des lumières nocturnes, uniquement des papillons de nuit qui se cognent sans relâche aux vitres des lampadaires.Combien de Watts gaspillés chaque nuit ?
Un peu moins depuis que la mairie a décidé d’éteindre un lampadaire sur deux… Un peu plus loin c’est le parking de la piscine qui brille de mille feux, toute la nuit. Cachés par la butte, des dizaines de lampadaires éclairent les places de parking vides. Le spectacle est surréaliste au milieu de la garigue. « Impossible d’éteindre les lumières : Raison de sécurité » répond-on aux élus qui s’en inquiètent.
Le problème : des caméras de surveillance ont été installées à proximité de la piscine pour surprendre d’éventuels casseurs ou grapheurs. Ces caméras ont besoin d’un éclairage important. Les élus du SMAM (le syndicat mixte qui gère la piscine) pourraient voir les choses autrement. Ils pourraient décider de faire l’impasse sur une surveillance vidéo peu exemplaire en pleine campagne. Ils pourraient choisir d’installer des caméras infrarouge, plutôt que de cautionner cette dépense d’énergie, indécente à l’heure de la transition énergétique.Pour l’instant, seuls quelques élus semblent prendre en considération la très mauvaise image donnée par ce gaspillage nocturne.
Des villages des Cévennes, le parking de la piscine ressemble à une petite agglomération avec ses nombreux éclairages. Il indispose les populations qui ne comprennent pas qu’on leur demande d’économiser l’énergie quand un service public en gaspille autant.
Sans aller aussi loin dans l’absurde, de nombreuses communes rurales ardéchoises maintiennent l’éclairage public des bourgs toute la nuit. Entre une heure et six heures du matin, les lampadaires n’éclairent que des rues vides.
L’horloge astronomique pour réduire le temps d’éclairage au strict nécessaire
Bidon, une petite commune des gorges de l’Ardèche a investi dans une horloge astronomique : un déclencheur horaire programmable avec des données sur les lever et coucher du soleil. Il remplace les systèmes traditionnels qui commandent l’allumage en fonction de la luminosité.
Quelques communes ont fait le choix d’éteindre leurs lumières: pour la biodiversité, et pour économiser l’énergie.
Coût d’un tel appareil: 600€ pour piloter 30 lampadaires. A Bidon, où les lumières sont éteintes entre 23h et 6h du matin, il a été rentabilisé en un an grâce à une économie d’électricité de 50 %. Des abaisseurs de tension pour éviter de remplacer l’ensemble des lampadaires D’autres solutions complémentaires existent pour économiser de l’énergie sur les éclairages publics. Pour éviter de remplacer des lampadaires anciens, trop energivores, certaines communes font le choix d’un abaisseur de tension. La tension passe alors de 230V à 180V, réduit la luminosité des lampadaires et permet une économie de 22 % d’électricité. Il reste également possible d’investir dans un système d’éclairage basse tension, tout en rapprochant les lampadaires du sol.
Pourquoi éteindre les lumières la nuit quand les réacteurs nucléaires continuent à produire de l’électricité ?
Ces gestes nous préparent à la sortie du nucléaire. Eteindre les lumières inutiles, c’est arrêter d’assumer les usages déviants de l’électricité induits par ce mode de production : éclairage public massif, chauffage électrique, gaspillage. En réduisant notre consommation d’électricité la nuit, nous anticipons la généralisation d’autres consommations électriques nocturnes comme le rechargement de véhicules hybrides.
Bientôt des leds pour l’éclairage public et les phares de voiture ?
Dans un futur proche, l’éclairage led pourait prendre la place des ampoules incandescentes, néon ou sodium. Elles présentent le meilleur rendement lumière/ chaleur : de 10% de lumière pour 90% de chaleur (contre 2% pour les ampoules incandescentes et 5% pour les néons et fluocompacts). Ce type d’éclairage évolue rapidement. Les puissances lumineuses atteintes aujourd’hui, sont équivalentes à celle d’un phare de voiture pour une consommation 6 fois moins importante.
Une manifestation-débat à la piscine de Lablachère à l’invitation du réseau Sortir du Nucléaire Sud 07. Une quinzaine d’élus sont venus partager leur expérience et entendre les conseils des membres du réseau Sortir du Nucléaire Sud 07 pour éteindre les lumières inutiles et économiser de l’électricité. Le président du syndicat mixte de la piscine était absent. Le réseau sortir du Nucléaire a décidé d’interpeller à nouveau les élus de ce syndicat pour qu’enfin soient éteints les trop nombreux lampadaires de la piscine de Lablachère.•
Les fausse excuses
Votre maire refuse d’intervenir pour réduire la consommation de l’éclairage public, ses raisons : «En cas d’accident, je suis responsable». La jurisprudence montre aujourd’hui le contraire. Il peut désormais assumer sans risque son bon sens écologique.
Les pires exemples d’Ardèche
– Le parking de la piscine de Lablachère
- L’écran publicitaire de Vals les bains Ecrivez-nous pour donner les vôtres avec une petite description (eeardeche@gmail.com), ils seront publiés dans le prochain fil vert! Privas, bon élève! Depuis le 14 octobre, une extinction expérimentale des éclairages publics a été mise en place à Privas dans le quartier du collège Bernard de Ventadour. Les lampadaires sont désormais éteints entre minuit et 5 heures du matin. Les riverains sont, pour l’instant satisfaits et cette mesure pourrait donc être permanente. Faune de nuit et éclairage public Faune et flore vivent au rythme du soleil. Des éclairages ponctuels perturbent le cycle végétatif et les comportements des insectes, mais ce sont les espèces nocturnes, que la multiplication des points de lumières dans la nature, gène le plus. Les chauves-souris par exemple. Quand des routes sont éclairées, elle chassent à proximité des lumières qui attirent les insectes et peuvent être percutées par des voitures.
De nouvelles règles pour encadrer les affichages publicitaires éclairés… respectons les en Ardèche

– La Loi pose les nouvelles normes pour la publicité notamment lumineuse.
Des normes que tous en Ardèche ne respectent pas.
– Dans les agglomérations de moins de 800 000 habitants, les publicités, enseignes et pré-enseignes lumineuses doivent être éteintes entre 1 heure et 6 heures, sauf si les entreprises sont en activité. Elles sont alors éteintes au plus tard 1 heure après la cessation de l’activité et peuvent être rallumées au plus tôt 1 heure avant la reprise de cette dernière. Le mobilier urbain doit être éteint entre 1 heure et 6 heures du matin.
– La publicité numérique (écran) est interdite dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants. Elle est soumise aux règles d’extinction applicables à la publicité lumineuse. – Dans un parc naturel régional l’affichage publicitaire est interdit sauf règlement local de publicité (RLP)
Dossier : F.Cerbaï et G.Vermorel in Le Fil Vert de l’Ardèche #2, p.2 à 4


