Transport de matières radioactives : le nucléaire déraille
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Hier un wagon d’uranium appauvri sorti des usines Areva au Tricastin a déraillé à la gare de Saint-Rambert-d’Albon. Cet incident nous rappelle une fois de plus que le nucléaire sûr n’existe pas et qu’il fait peser un risque quotidien sur nos territoires.

La société Areva, comme d’habitude, décrit l’accident « sans conséquence sur l’environnement et la population ». Pourtant des populations ont été exposées à des radiations pendant plusieurs heures. Alors que les services réparaient les dégâts sur le wagon d’uranium appauvri, un conteneur de stockage ou de transport de matière hautement radioactive (CASTOR) est resté stationné en gare de Saint-Rambert-d’Albon plusieurs heures, à côté de la salle d’attente des voyageurs. Ces voyageurs et le personnel ont été exposés sans aucune information et sans que rien ne le justifie, comme l’a souligné Michèle Rivasi. Dans le contexte actuel, un tel incident sur un convoi de transport de matières radioactives repose le problème des risques, notamment des risques terroristes. Le déroulement des événements d’hier nous rappelle que ces convois nucléaires ne sont pas préparés à résister à un acte terroriste. Sur ce sujet, les derniers « stress tests » dans les centrales nucléaires n’ont pas inclus le risque terroriste et c’est préoccupant.L’Ardèche est un département très fortement exposé aux risques induits par le transport des matières radioactives.
Proche des lignes ferroviaires empruntées par certains convois comme celui qui a déraillé à Saint-Rambert-d’Albon, le département est aussi sillonné par des transports de matières plus fortement radioactives, qui au vu de la dangerosité, n’ont pas l’autorisation de circuler sur les voies du Réseau Ferré de France et doivent donc emprunter les routes. Régulièrement, on croise en Ardèche, sur la N102 en direction du col de la Chavade, des camions de transport de matières radioactives en provenance du site nucléaire de Marcoule.

Europe Ecologie Les Verts réclame une fois encore l’installation de balises de contrôle de la radioactivité, gérées indépendamment, par la CRIIRAD. Ces balises doivent être installées par le Conseil Général de l’Ardèche suite à l’accord électoral des cantonales de 2011. Face aux trop nombreux risques d’accidents, Europe Ecologie Les Verts Ardèche souhaite que l’une de ces balises de contrôle, soit une balise mobile qui puisse être déplacée à proximité des lieux d’incidents ou d’accidents nucléaires, pour permettre une information transparente des populations afin de mieux se protéger… en attendant d’arrêter la production d’électricité nucléaire en France.
Christian Moyersoen et Guillaume Vermorel, porte-paroles EELV Ardèche