Habiter autrement, éco-hameaux, éco-quartier, habitats légers.
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Habiter autrement, c’est réfléchir à sa manière d’habiter, en consommant moins d’énergie, moins d’espace ou de matières premières, en produisant moins de déchets; C’est habiter avec d’autres, penser des projet d’habitats collectif en milieu rural; C’est trouver une manière d’habiter en accord avec son mode de vie et son environnement, en polluant moins ; C’est aussi trouver des stratégies pour bien vivre, dans une situation de crise du logement, et de raréfaction du foncier.

(Compte rendu de la Réunion du groupe local EELV Cevennes Ardéchoises le 19 décembre à Lablachère)

Lors de sa première réunion de l’année, le groupe local Cevennes Ardéchoise s’est proposé de faire le tour de quelques expériences réalisées en Sud-Ardèche sur des formes alternatives d’habitat.

Jean Philippe Fabre (Oasis en tous lieux) a évoqué les réalisations de son association qui fédère aujourd’hui 16 lieux en France. Il rappelle les difficultés récurrentes rencontrées par les porteurs de projet d’éco-hameaux : problèmes de cohésion humaine, de financement et d’accès au foncier. Malgré une vaste aspiration aujourd’hui à l’entraide et la mutualisation, peu de projets aboutissent faute d’un accompagnement humain et financier adéquat.

Un exemple en sud Ardèche : Le hameau des Buis

A quelques kilomètres de Lablachère, cet éco-hameau situé en pleine garigue est né de la volonté d’un groupe de personnes souhaitant la création d’un lieu intergénérationnel. Un écohameau avec des maisons pour de jeunes retraités autour d’une école Montésori. Pour éviter la spéculation, ceux qui habitent au hameau des buis font un prêt à l’association propriétaire pour l’usage de leur lieu de vie. Cet argent leur est rendu à leur départ, indexé sur le coût de la vie. Les retraités des premiers temps, ont souvent laissé la place à des familles dont les enfants vont à l’école Montésori.
Les habitations dans ce hameau sont bioclimatiques, souvent en paille porteuses, à prix équitable. Elle sont tout de même trop cher pour la majeur partie des ménages.
Le débat s’engage sur la nécessité de proposer un habitat plus accessible dans des éco-hameaux et tout particulièrement des logements locatifs ou sociaux.

La construction en paille porteuse :
La construction en paille, longtemps cantonnée à l’ossature bois, commence à se développer à l’heure actuelle autour de la paille porteuse. Si, en Autriche des immeubles de 3 étages sont déjà construits en paille porteuse ; en France, elle est encore peu utilisée. Lors de la réunion Jean-Philippe Fabre propose à ceux qui sont intéréssés par la question de se rapprocher de Maxime Vasseur, président des auto-constructeurs du Gard et de visiter la salle d’activité qu’il a réalisé (50 m2) pour un budget de 20 000 euros en auto-construction.

Un projet d’éco-hameau à Saint-André-Lachamp

Pour attirer des jeunes sur son territoire, la commune de Saint-André-Lachamp porte un projet d’éco-hameau. Pour éviter une discontinuité dans le paysage bâti (hameaux traditionnels en schiste) tout en proposant un environnement agréable aux nouveaux venus, la mairie à choisi le principe d’un hameau isolé.
Deux hectares ont été achetés par la commune puis classés constructibles par le conseil municipal pour permettre le projet. Le projet a été suivi par un architecte de Laboule.
La première version proposait des maisons imbriquées, à proximité de locaux d’activités : un hameau sans voitures, avec des jardins, jeux et buanderie partagés, de la récupération d’eau de pluie. Le projet proposait des panneaux solaires sur toutes les toitures orientées au sud. Le constructeur de l’ossature bois, en échange de sa prestation devait récupérer les loyers des panneaux solaires durant 20 ans. L’idée était de méler une part d’autoconstruction au projet : les habitants pouvaient ainsi auto-construire l’intérieur de leur maison et les paroies en paille sur une ossature construite par un professionnel.
Les HLM du Vivarais ont été sollicités pour construire 6 habitations à loyers modérées. Faute de fonds disponibles, l’organisme HLM n’a pas pu donner suite.
L’objectif était également de faire des maisons en accession à la propriété. Mais les financements pour cela n’ont pas été trouvés.
Des personnes précédemment venues en mairie s’enquérir de la possibilité d’acheter ou de louer un logement sur la commune ont été contactées.
Le projet a ensuite été travaillé avec le groupe d’habitants intéressés : Ceux-ci n’avaient pas de volonté d’avoir des ateliers, mais des terres agricoles à proximité de leur habitat. Un certain nombre d’éléments ont été remis en cause, si bien que le conseil municipal n’adhère plus à l’heure actuel au projet tel qu’il se défini.
Le Projet va sans doute être relancé avec un autre groupe de personnes.

Lors du débat, des intervenants évoquent la piste de l’habitat groupé solidaire : si les organismes HLM se désengagent : les plus fortunés achètent plusieurs logements et les louent à ceux qui ont moins les moyens.

L’Habitat léger, le point sur la question en Ardèche après les rencontres et groupes de travail organisés en 2012

La réunion s’est poursuivit sur une discussion autour de l’habitat léger. Des rencontres organisées en 2012 par le pays de l’Ardèche méridionale ont permis de faire un tour de la question entre élus, fonctionnaires et habitants.
Les rencontres ont montré que les habitants en structures légères étaient dans des situations très différentes : des personnes qui ont choisi d’acheter leur terrain et de bâtir en léger ; des gens qui s’installent sur un terrain qui ne leur appartient pas avec une yourte, une cabane, une caravane, car ils sont dans une situation précaire ou qu’ils refusent par idéologie de payer un terrain. Il existe des philosophies différentes de l’habitat léger. Ces habitants se heurtent au bon vouloir des maires et des voisins.

Ces rencontres n’ont pas directement abouti sur des solutions ; beaucoup refusent par idéologie une nouvelle loi pour encadrer leur manière d’habiter. « On a pas besoin d’une loi, mais juste besoin d’habiter » rappelaient certains participants à ces rencontres; mais l’intérêt de faire des loi pour aller au-delà des passe-droit a été évoquée par d’autres habitants ; elles pourraient permettrent à ces occupants d’habitats légers d’être reconnus et acceptés.

Un intervenant, témoigne de son installation et des difficultés qu’il a rencontrées. (Il vit avec sa famille dans une roulotte sur la commune de Chambonas.) «Nous avons acheté le terrain, et même si nous n’avons pas le droit d’y habiter à l’année, les forces de l’ordre ne peuvent pénétrer dans notre parcelle qui est une propriété privée. Nous avons choisi de revendiquer le fait d’habiter ici à l’année. Il aurait été facile pour nous de se faire établir une attestation de résidence ailleurs qui nous aurait permis de dire qu’il ne s’agissait pas de notre habitation principale, mais nous souhaitions lutter pour faire avancer les choses. »

Le débat s’engage ensuite sur le coût du foncier bâti en Ardèche de plus en plus prohibitif et celui des logement à basse consommation. Une intervenante, architecte, évoque une maison passive de 100m2 pour un coût de 120 000 euros; un autre intervenant, autoconstructeur, prend l’exemple d’une maison de 40m2 en bois auto-construite pour un coût de 9500 euros.

Nouvelles frontières du groupe local Cevennes Ardéchoises:

Le groupe local Cevennes Ardéchoise accède à la demande de ad’hérents habitants dans les cantons voisins. Le groupe s’agrandit. Il comprendra désormais les cantons des Vans, Valgorge, Largentière et les communes du canton de Joyeuse non inclues dans le Groupe local Gorges de l’Ardèche. Le groupe se maintient dans la coordination Ardéchoise.

Il est demandé que ce nouveau découpage soit avalisé par EELV Rhône-Alpes lors du prochain CPR.