Communiqué de presse – Projet de route solaire à Privas : Du photovoltaïque 20 fois trop cher : un greenwashing coûteux et contre-productif
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Le Département de l’Ardèche avec le Syndicat Départemental de l’Énergie nous propose la réalisation d’une route solaire entre Privas et St-Priest : 84 m2, 30 mètres de long environ, pour 450 000€ !

Cela représente plus de 5000 € le m2 installé !

EELV Ardèche est clairement contre ce miroir aux alouettes.

Véronique Rousselle, membre du bureau EELV Ardèche explique «  L’Ardèche n’a pas dix ans à perdre sur des projets couteux, qui à court terme ont toutes les chances de décrédibiliser le photovoltaïque (coûts élevés, dégradation des panneaux, enjeux de sécurité routière…) Il devient urgent que les pouvoirs publics mettent tout leur poids dans la balance pour multiplier les projets, faire baisser les couts de raccordement, etc. Ceci devrait être la priorité du Syndicat Départemental de l’Énergie ardéchois ! ».

« Investir de telles sommes dans une route pour une production énergétique si faible, c’est faire preuve de beaucoup de légèreté face aux problèmes énergétiques auxquels nous allons être confrontés demain. Ces routes produisent une électricité 15 fois plus cher que du photovoltaïque classique : 21€ le watt sur route contre 1,25€ à 2€ le watt en plein champ ou toiture, ajoute Florence Cerbaï conseillère régionale écologiste de l’Ardèche au Rassemblement Citoyen Écologiste et Solidaire (RCES). Dans 10 ou 20 ans au plus tard, les 3 centrales nucléaires qui bordent notre territoire devront être fermées, elles auront dépassé les 50 ans de fonctionnement. Il nous faut anticiper ces fermetures et être prêts. Ce type de projet ne fera que nous retarder. L’électricité produite en photovoltaïque coûte aujourd’hui moins cher que l’électricité nucléaire. Mais si on voulait prouver que les énergies renouvelables coûtent trop cher, on ne s’y prendrait pas autrement qu’avec une telle route photovoltaïque ».

Danielle Izopet, membre du bureau EELV 07 rajoute : « Le coût à l’installation est énorme et il ira à l’entreprise Colas, filière de Bouygues. C’est une très bonne manière de subventionner les grands groupes, sans retour pour les populations. On pourrait se poser la question d’un cadeau fait à cette entreprise plutôt que d’une vraie volonté de favoriser des énergies propres ».

Le retour d’expérience de la route solaire installé à Tourouvre (en Normandie) démontre tous les problèmes techniques et financiers d’une telle installation. La route est l’un des pires endroit pour l’installation de cellules photovoltaïques en raison de la saleté et de la boue accumulées, du risque d’eau stagnante donc de problème électrique, une dégradation plus rapide des panneaux sous le poids des véhicules (et donc un remplacement couteux). Cette route produit de plus un bruit assourdissant, gênant pour les riverains.

« Le Département, le SDE  et la CAPCA, n’ont pas à se risquer à un tel pari technologique et financier. Nous encourageons l’apparition de nouvelles technologies dans les énergies renouvelables, pour autant les finances de nos collectivités locales sont exsangues et nous ne pouvons mettre un demi-million sur la table pour un projet très aléatoire. Et ceci, alors que les solutions existent déjà, très efficaces, moins couteuses pour le contribuable et pouvant servir les entreprises locales » reprend Véronique Rousselle.

EELV Ardèche espère que la raison l’emportera sur ce greenwashing à l’ardéchoise.